Archives –  » Ils ont sauvé Riri ! « 

Archives »  » Ils ont sauvé Riri ! « 

En juillet 1942, lorsque la police française aux questions juives organise la rafle du Vel d’Hiv’, les consignes de la préfecture sont claires : « Constituer des équipes spéciales composées d’un gardien en tenue et d’un policier en civil qui devront agir avec le plus de rapidité possible, sans paroles inutiles et sans commentaires… ». Entendant du bruit dans l’escalier, Malka, la maman d’Henri Golub, n’a que le temps de le confier à sa voisine de palier ; Henri ne reverra jamais ni sa mère ni son père.

Il n’a pas trois ans quand il est recueilli à Courlon par la famille Bouland dont il dira plus tard : « J’ai vécu une partie de mon enfance avec des gens généreux et bons que j’appelais mon oncle et ma tante. Je m’imaginais que la vie était ainsi faite et que certains enfants avaient un père et une mère, d’autres, un oncle et une tante. Moi, j’appartenais à la deuxième catégorie… ».

Après de longues démarches, la Médaille des Justes parmi les nations vient d’être décernée, à titre posthume, à Mélina et René Bouland. Deborah, la fille d’Henri, l’a confiée symboliquement à l’école de Courlon le 20 janvier dernier, lors d’une cérémonie à laquelle ont participé les enfants des écoles et de nombreux villageois, en présence de Béate et Serge Klarsfeld, Jean-Jacques Percheminier, maire, M. le directeur de cabinet du préfet de l’Yonne, André Lebrun, Giselle Bienfait et Nadine Hulleux, neveu et nièces du couple Bouland, MM. Leroy, président de la Communauté de communes, et Ejchenrand, actuel président de l’Institut Yad Vashem de Jérusalem. Ce dernier a par ailleurs rappelé que Henri Golub, en 1974, avec un groupe d’amis, a soutenu financièrement l’Association des fils et filles de déportés juifs de France, dont il fut le premier président.

La Compagnie du Canal St Martin a, musicalement – et brillamment – illustré cette émouvante cérémonie du souvenir.