Archives – Discours de Jean-Jacques Percheminier à l’occasion des vœux du maire le 7 janvier 2012

Archives » Discours de Jean-Jacques Percheminier à l’occasion des vœux du maire le 7 janvier 2012

(Photos : Sylvain Berthier)

Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs,
Chers Collègues, chers Amis,

C‘est avec beaucoup de plaisir que la municipalité et moi-même nous vous accueillons pour cette traditionnelle cérémonie des vœux. Mes souhaits de bonne année, de bonne santé, de réussite dans vos projets vont à chacun de vous, à vos familles, vos entreprises, commerces, sociétés ainsi qu’à l’ensemble de la population Courlonnaise comme à celle de tout notre canton de Sergines.

J’ai, bien sûr, avec vous une pensée particulière pour celles et ceux qui nous ont quittés en 2011. Pour celles et ceux qui sont les plus démunis, qui souffrent de solitude ou d’isolement, celles et ceux qui, pour reprendre l’image du poète, ont «froid à la vie».

L’an passé, à ce même endroit, j’avais fait état du contexte dans lequel les communes, les collectivités locales et territoriales travaillent. Elles ne sont pas, en effet, coupées du reste du monde, vous le savez bien. Qu’en est-il aujourd’hui ? Le Congrès de l’Association des Maires de France, qui s’est tenu fin novembre, fait office chaque année de baromètre : 3 jours de congrès au cours desquels une forte inquiétude sur le devenir de l’action publique locale s’est manifestée. Il est vrai qu’à la suppression de la Taxe professionnelle se sont ajoutés le gel des dotations de l’Etat, l’inflation des normes qui ne stabilise guère, une réforme territoriale à contre-courant, une redéfinition des contours de la carte intercommunale contestable sur bien des points.

Coincés entre une décentralisation qui les incite à l’autonomie, des transferts de compétences et des ressources réduites ; piégés entre un service public local qui doit être toujours plus performant et des contraintes administratives ou financières ; tiraillés entre une charge de travail accrue et une reconnaissance qui reste à confirmer, les maires, les élus en général sont dans une situation compliquée. L’année 2011 a été marquée par des tensions persistantes sur les finances publiques, par la profonde modification de la fiscalité locale et les contraintes qui pèsent sur la dépense locale. Rappelons au passage que l’indice dit du « panier des maires » (cf panier de la ménagère) s’est révélé à nouveau en 2011 plus élevé que l’inflation. Sans conteste, les finances sont le 1er sujet de mécontentement.

L’APVF (Association des petites villes de France) déplore pour sa part le coup de canif dans le contrat avec les collectivités que représente, selon elle, la ponction supplémentaire de 200 millions d’euros sur les collectivités locales contenue dans la Loi des Finances 2012 adoptée par le gouvernement. En l’espèce, ce n’est plus de gel des dotations dont il est question, c’est une glaciation !… L’inquiétude des élus est d’autant plus marquée que les petites communes pourraient pâtir de la diminution des dotations aux Départements et Régions qui ont déjà commencé à réduire le volume de leurs aides aux projets communaux.

Nous sommes bien, dans l’Yonne, dans ce cas de figure. Précisons, sur ce point, que l’Etat a transféré au Département de nombreuses compétences, en matière sociale notamment. Mais que le défaut de compensation de ces charges dépasse les 34 millions d’euros ! Aussi une commission est-elle à l’œuvre pour proposer de nouvelles modalités d’aide aux communes. Avec mes collègues, nous y participerons activement. Pour autant, il nous faut, à contrecœur, prendre cette donnée en compte puisqu’on ne saurait s’en abstraire. C’est d’autant plus insupportable que, dans le même temps, des sommes considérables circulent dans la « bulle financière », détournées de l’économie réelle, de l’investissement utile, productif, respectueux de l’environnement. Voyez le paradoxe : alors que la France a perdu 100 000 emplois industriels en 2 ans (8 % dans le Sénonais de 2004 à 2009), les sociétés du CAC 40 distribuent 37 milliards d’euros à leurs actionnaires au titre de l’année 2011…
Autant le dire tout net, sans que cela surprenne : ce n’est pas d’un monde pareil dont je rêve, dont nous rêvons pour les générations futures. Le rêve, m’objectera-t-on, est un luxe personnel, opposé, à mille lieues de l’action. Ce n’est pas exact : l’action se nourrit du rêve, voire de l’utopie. Le philosophe l’écrivait : « lorsqu’on rêve tout seul, ce n’est qu’un rêve. Si l’on rêve à plusieurs, c’est déjà une réalité. L’utopie partagée, c’est le ressort de l’histoire ». Souhaitons que 2012 soit un de ces moments où le ressort de l’histoire se met en mouvement.

L’année 2011 achevée a été foisonnante pour ce qui est de l’activité municipale. Elle permet ainsi que 2012 voit la concrétisation de projets importants. Dans quelques semaines, nous disposerons d’une nouvelle salle du Conseil et des mariages, située au rez-de-chaussée de la mairie dans une pièce plus vaste, fonctionnelle, offrant des conditions d’accessibilité optimales.
La bibliothèque municipale est maintenant installée dans ses locaux où des activités culturelles, outre l’emprunt de livres, démarrent.

La mise à disposition de locaux, pour que notre école de musique et de théâtre Yonne Nord dispense des cours au plus près du domicile des élèves, ou pour promouvoir l’initiation à l’informatique, aux NTIC, a été effectuée. Nous avons répondu présent aux grands rendez-vous traditionnels tels que notre course cycliste, notre concert annuel dans l’église, les Journées du Patrimoine pour ne citer qu’eux. Nous avons, d’un commun accord avec les associations, accueilli l’antenne des Restos du Cœur qui se trouvaient à la peine.

Nous achèverons la restauration de la couverture de l’église Saint-Loup, travée nord. Je suis heureux à ce propos d’avoir modestement contribué à l’octroi de 30 000 euros supplémentaires qui s’ajouteront, dans le cadre de la réserve parlementaire, aux subventions de l’État et du Département. Nous avancerons au sujet de la 7e tranche d’assainissement, dossier jusqu’ici paralysé mais en voie de déblocage.

A l’échelle cantonale, la mise en place de permanences de la Mission locale dans l’une de nos communes permettra aux jeunes de 16 à 25 ans de bénéficier des services de cet organisme en vue de leur insertion professionnelle. L’accueil, pour la 1re fois dans le canton, de Yonne Tour Sport, en août, à Serbonnes, offrira aux enfants, en toute convivialité, la possibilité de participer gratuitement à des activités sportives inédites. L’activité du Réseau d’Écoute d’Aide et d’Accompagnement à la parentalité que j’avais appelé de mes vœux et qui se met en place sur nos 3 communes de la vallée de l’Yonne va se déployer. Une première conférence aura lieu en février, à Courlon, sur le thème des «dangers de l’Internet».

Je suis avec une attention soutenue la question de la viabilisation hivernale de nos routes départementales. Le fait que le passage de la RD 29 (Perceneige-Sergines) et la RD 470 (Sergines-Courlon) du niveau 3 au niveau 2 soit à l’étude, est déjà une avancée et nous y sommes, chers collègues, pour quelque chose. Mais il reste que la portion de route qui comprend le pont sur l’Yonne et celui qui enjambe les voies de chemin de fer doit être incluse dans cette étude. Le Relais de Services publics à Sergines (dossier que j’avais initié en tant que président de la CCYN) pourrait voir le jour dans les mois à venir.

A Courlon même, nous verrons avant l’été, l’installation, par transfert, du cabinet d’ophtalmologie des docteurs Martinsky et Attal dans le local de l’ancien bureau de Poste. Et, bien sûr, le gros dossier qui nous occupe et nous occupera est celui de la construction du groupe scolaire avec restauration scolaire. Une page entière du Petit Courlonnais en a fort bien situé les circonstances et les enjeux, je n’y reviens pas en détail.

Voilà, Mesdames et Messieurs, sans prétention d’exhaustivité, les éléments que je souhaitais développer devant vous ce soir. L’ONU a décrété 2012 «année de l’énergie durable pour tous» Notre énergie, en dépit des conditions difficiles dont je parlais tout à l’heure, reste intacte. Soyez assurés de notre détermination à toujours garder l’œil sur la calculette, à nous comporter en « chasseurs de subventions » si je puis dire… C’est cette vigilance permanente qui explique le fait que notre taux d’endettement, diminué encore de 13 % en 2011, particulièrement bas, nous place dans des conditions favorables pour recourir à l’emprunt.

Je remercie avec insistance, l’équipe qui m’entoure pour son dynamisme et son dévouement, adjointes et adjoints, conseillères et conseillers. De même pour les services administratifs et techniques de la commune et du SIVOSC. Mes félicitations et mes encouragements à nos associations, leurs cadres et bénévoles qui accomplissent des prouesses quotidiennes dans la vie municipale. Je n’oublie pas nos pompiers. Et nous toutes et tous qui faisons de ce beau village du Nord de l’Yonne une localité que beaucoup nous envient.